samedi 15 décembre 2018

Lisowicia le dicynodonte géant !





Fossil'vous plait dixit :
Il y a quelques semaines j'ai vu la fameuse publication de Lisowicia le dicynodonte géant. Il m'est apparu bizarre qu'on estime son poids à 9 tonnes pour la taille d'un éléphant d'Asie ( qui peut peser 2 fois moins pour le même gabarit). J'ai donc mené ma petite enquête auprès de quelques paléontologues. 
On me fit remarquer que ses os étaient très "robustes", plus épais que ceux d'un éléphant ou d'un triceratops. Il y aussi la taille du bassin qui atteint des proportions jamais vues pas même chez les sauropodes (voir image).


On parle aussi de la posture érigée, je me suis tout de suite dis avec ce poids il est surement graviportal et bien pour la position de la tête du fémur oui, par contre pour le ration fémur / jambe on y est pas du tout on serait proche du ratio d'un rhinoceros. Il y a aussi débat sur la position des mains et pieds, sont-ils plantigrades ou digitigrades (quand on est gravirportal on est digitigrade). 
Du coup on se retrouve avec un animal dont la corpulence des os n'a jamais été vue auparavant notamment le bassin, et une graviportalité avec une biomécanique spécifique.
Il y a une dernière chose c'est que cet animal est découvert à la fin du Trias où l'on pensait que les dicynodontes avaient déjà disparu, ainsi ce fossile montre que les derniers dicynodontes étaient des géants en concurrence avec les premiers grands dinosaures (prosauropodes) et que leur disparition est dûe à la crise Trias/Jurassique et non pas à la concurence avec les archosaures herbivores.
pour des infos complémentaires voici la vidéo de Alex bernardini qui vous donnera d'autres informations.






Article dans Figaro Sciences:






Ici:


Et en bonus... ma petite contribution dessinée (+vidéo) sur le petit crâne de dicynodonte lao que j'ai eu le privilège d'avoir dans les mains ! (lien ci dessous)

+

Illustration (mazannesque) pour « Latrines collectives au Trias » un article de Bruno Corbara, Jean Sebastien Steyer et Lucas Fiorelli in magazine Espèces n°14 de décembre 2014

Première double page:





Bon week end !




vendredi 14 décembre 2018

Le coup de gueule de Bill !



BILL:
  
J'ai été atterré sur le blog par l'article de la revue phosphore!


Note de "Petit carnet paléo" : 
Lien ici : 


 
  
BILL: 

Peut on imaginer un tel article consacré à sa passion pour l’ornithologie. 

Avec mon grand père on a découvert des tas d'oiseaux rares et pendant deux mois on en a tué des milliers (en se cachant quand venait une voiture pour pas se faire repérer). On rêve de faire un musée où on pourrait les présenter empaillés.. 

C'est super l'ornithologie, je ferai ça quand je serai grand. 

Ce qu'on n'admet plus en matière de conservation d'environnement on trouve ça normal pour le patrimoine archéologique (ou paléontologique). Une bonne pioche et on défonce. Désespérant qu'en 2018 on puisse en être encore là et qu'une revue pour les ados diffuse des pratiques d'un autre âge sans aucun commentaire critique.


Mazan:

Je peux faire remonter ce message jusqu'à la rédaction de Phosphore si tu le souhaites.
Je leur avais dit à peu prés la même chose (et je t'avais raconté cette affaire sur le terrain à Angeac )... mais ce qui est bête c'est qu'ils n'ont pas mis, hélas, la suite de l'histoire qu'ils m'avaient raconté et que je pensais évidente en chute de l'article --> qui était que le grand père a eu des problèmes (avec l'INRAP je crois) et que les scientifiques leur ont fait une remontée de bretelle avec menace de procès. Qu'ils avaient compris leur bévue et que les découvertes étaient à présent aux mains des scientifiques de Bordeaux (c'est ce qu'on m'avait dit à l'époque).    

    
BILL:
  
C'est finalement un vaste problème d'éducation sur la préservation de la planète.  Il ne suffit pas de dire "vous allez avoir des ennuis judiciaires" mais "avez vous conscience que vous détruisez irréversiblement un rare patrimoine commun".  Le patrimoine n'est-il devenu qu'un objet de consommation parmi d'autres pour satisfaire sa passion au détriment de l'intérêt collectif? 
Question annexe: "et pourquoi?". 
Entasser des silex dans des vitrines et en tirer un grand prestige devant ses copains?  Il y a du boulot. Bien sur que tu peux faire suivre mais cette prise de conscience va demander encore beaucoup de travail de sensibilisation...
...


Petit carnet paléo:

Mazan, se retrouvant un peu bête aussi d'avoir négligemment cautionné l'article en l'illustrant, fera cent cinquante brouettes de C4 l'été prochain. 

Il jura mais un peu tard qu'on ne l'y reprendrait plus. 





BILL (après avoir lu ce qui est au dessus) :

Ah oui... tu peux rajouter: 
En dernier lieu, je ne suis pas sûr que l'adolescent ait bien pris conscience de ce qu'il a fait et c'est surtout l'adulte qui l'a entraîné à qui on pourrait adresser des reproches. 
Quant à l'illustration, elle est très bien et je ne vois pas en quoi l'illustrateur serait responsable du contenu d'un article!  Personnellement j'ai vu publié des dessins de Landru au moment de son procès et je ne pense pas qu'on puisse accuser  l'illustrateur d'en avoir fait une promotion de la femme au foyer...





samedi 8 décembre 2018

Pépé vs Dippy par Fossil'vous plait.


"Fossil'vous plait", en direct du Muséum de paris.

L' astragale de pépé, le sauropode d'Angeac, en cours de dégagement au labo du muséum de Paris : plus de 30 cm de haut !


A comparer avec l' astragale de Dippy, le diplodocus exposé depuis plus d'un siècle au MNHN 


(environ 23cm de long)




Sur la première photo l'astragale de pépé, le sauropode d'Angeac et sur les deux autres l'astragale de notre diplodocus de la galerie de paléontologie. on voit bien la différence de taille. L'os est deux fois plus gros, ce qui ne veut pas forcement dire que pépé est deux fois plus gros que Dippy !

On appelle cela l’allométrie. Cette discipline nous montre que quand un organe se développe, le reste des organes ne grandit pas à la même vitesse. On parle d'allométrie positive quand l'organe comparé grandit plus vite que l'organe de référence et on parle d'allométrie négative quand l'organe comparé grandit moins vite que l'organe de référence.
Je vais donner deux exemple : Chez le genre homo la croissance de la boite crânienne à une allométrie positive par rapport au reste du corps, donc la taille du crâne grandit plus vite que la taille du corps (on a la grosse tête :p). Chez le kiwi la réduction progressive de la taille de l'animal c'est faite plus vite que la réduction de la taille de son œuf. Du coup l’œuf de kiwi par allométrie négative fait un quart du volume de la femelle à l’intérieur de son corps. 
Ainsi, pour pépé, même si son astragale est deux fois plus gros on estime (avec les autres os trouvé s bien sûr ) que pépé mesurait de 35 à 37 m de long ce qui est seulement 10 m de plus que Dippy. 
On peut dire en conclusion que plus un sauropode croit plus il a les chevilles qui enflent.





"Fossil'vous plait" est une page facebook autour de la paléontologie et de l'histoire naturelle administré par Julien Barbier qui travaille au Muséum et qui est aussi un des fouilleurs d'Angeac-Charente.



Conférence à venir:
"Tout savoir sur les plésiosaures"

A l'improvi' bar, le 18 décembre prochain.